Syndrome baby-cut

Qu'est-ce que c'est?

Le terme a été créé le 16 janvier 2018 par Malika de Selfharmerproblems dans un post sur Instagram. Le syndrome baby-cut (de l'anglais baby-cut syndrome, littéralement "syndrome des bébé-coupures") est défini comme le sentiment de ne pas se blesser suffisament bien, et de ne donc pas avoir de réelles difficultés ou d'être un "mauvais automutilateur". Ce sentiment peut également nourrir une forme de compétition et de comparaison chez les personnes concernées, autant entres elles qu'avec elles-mêmes. Cela peut se manifester par une forme de fierté lorsqu'une personne avec des blessures ou des cicatrices moins importantes est rencontrée, ou un sentiment de honte face à une personne avec des blessures ou des cicatrices plus importantes.

Pourquoi ce nom?

Ce nom vient de l'expression “baby cuts” (ou mini-coupure en français) qui est souvent utilisée par les personnes concernées sur les réseaux sociaux. Cette expression est utilisée pour décrire des blessures d'automutilation en sous-entendant qu'elles ne sont pas assez importantes.

Est-ce un terme officiel ou un diagnostic ?

Le syndrome baby-cut n'est pas un terme ou un diagnostic créé par des professionnels de la santé mentale. Ce concept a été créé par Malika de Selfharmerproblems pour décrire son expérience ainsi que celle de nombreuses autres personnes concernées par l'automutilation.

Pourquoi ce sentiment ?

C'est une expérience complexe qui peut être difficile à comprendre pour ceux qui ne l'ont jamais vécue. Une explication sur sa raison d'être peut être que parfois, la personne concernée peut penser que l'automutilation est la seule chose pour laquelle elle est compétente. Il peut donc être bouleversant de perdre ce sentiment de performance. Le fait de ne jamais être satifsait et de toujours vouloir se détuire plus fait également partie du fonctionnement d'une addiction.

Que puis-je faire ?

Si tu le vis :

  1. Protège-toi des contenus qui te font ressentir ce sentiment. Désabonne-toi des comptes qui te font du mal.

  2. Saches que ce ne sera jamais assez. La personne à qui tu te compares ressent probablement la même chose que toi. Peu importe ce que tu imagines, cela ne semblera jamais assez.

  3. Rappelle-toi que peu importe la sévérité des blessures, le fait de se blesser pour gérer ses émotions est grave et un problème sérieux.

Si un proche ou un patient est concerné.e :

  1. Reconnaissez que c'est un sentiment qu’il ou elle peut ressentir sans savoir comment l’exprimer ou l’expliquer. Vous devrez peut-être être la personne qui amène ce sujet d’une manière douce et non-jugeante.

    Vous pouvez par exemple dire « j’ai entendu que parfois, les personnes qui s’automutilent ont l’impression de ne pas le faire assez bien et se sentent en compétition entre elles. Cela doit être dur de ressentir ça. Est-ce que tu t’es déjà senti.e comme ça ? »

  2. Soyez attentif à ne pas renforcer ce sentiment par ce que vous dites. Essayer de parler au minimum du degré de sévérité de l’automutilation – des blessures, des cicatrices mais aussi du comportement. Ne comparez pas la gravité de l’automutilation, que ce soit à d’autres personnes ou à d’autres périodes de la vie de la personne en face de vous.

    Voici des phrases que vous devriez éviter :

    • Ce n’est pas aussi grave que la dernière fois/que cette autre personne.

      Nous savons que votre intention n’est pas de nous blesser. Mais cela peut faire comprendre qu’il ou elle ne s’est pas assez blessé.e, et qu’il faudra faire « mieux » la prochaine fois.

    • Tu as plus/moins de blessures ou de cicatrices que telle personne.

      Même si vous essayez de nous réassurer, ces deux phrases peuvent nourrir une pensée compétitive et la comparaison, et donc aggraver la situation.